Un jeu qui ne vous dira jamais pour qui voter
49trois est une simulation civique gratuite. On y annonce un programme, on est élu, et on a cinq ans pour l’appliquer face au réel. Voici pourquoi il existe, qui l’a fait, et ce qu’il s’interdit.
Pourquoi ce jeu existe
« Il suffirait de le vouloir. » On l’a tous pensé devant un journal télévisé. Moi le premier.
La difficulté n’est pas que les gens jugent : juger est normal, et c’est même le travail d’un citoyen. La difficulté est qu’on juge presque toujours sans avoir jamais eu à arbitrer. Personne ne nous a jamais mis dans le fauteuil, avec le budget qui va avec.
Et ce qu’on croit savoir s’arrête vite. On voit bien qu’une mesure coûte de l’argent ; on voit beaucoup moins qu’elle coûte des voix à l’Assemblée, de la patience aux corps intermédiaires, de la cohésion dans le pays, et qu’elle ne produit pas le même effet à Brest et à Marseille. Gouverner, c’est arbitrer entre des gens autant qu’entre des lignes budgétaires.
Je n’ai pas trouvé d’outil qui donne à voir tout ça simplement, en dix minutes, sans prendre parti. Alors je l’ai construit.
Il vous aide à mieux juger ceux qui demandent votre voix.
Deux contraintes, pas une
Un mandat se heurte à deux murs, et le second est le plus mal connu.
L’argent. Des recettes qui dépendent de l’activité, des dépenses qui dépendent de vos promesses, une dette dont le service se paie avant tout le reste. C’est la partie visible, et c’est celle que le jeu montre en premier.
L’organisation sociale. C’est l’autre moitié du jeu, et elle occupe le mandat entier :
- une Assemblée sans majorité absolue : chaque réforme se négocie, et le seuil des voix à trouver dépend de votre soutien dans le pays, pas de votre camp ;
- le capital politique, qui se dépense à chaque bras de fer et se regagne lentement : commencer par la mesure la plus lourde coûte souvent une promesse entière ;
- sept acteurs — opinion, syndicats, patronat, élus locaux, écologistes, marchés, Bruxelles — qui réagissent chacun à leur manière, et qu’on ne peut pas contenter ensemble ;
- la cohésion sociale, qui se dégrade quand on passe en force ou qu’on coupe trop vite — et qui, en se dégradant, fait baisser la confiance, donc l’activité, donc les recettes ;
- treize régions qui ne partent pas du même point, avec des données publiques sourcées : une même décision nationale n’a pas le même poids partout.
Les deux murs sont liés, et c’est la découverte que le jeu vise : la confiance des gens nourrit l’activité, qui produit les recettes, qui financent les promesses. Casser la cohésion pour tenir un engagement, c’est assécher le budget qui devait le payer.
Réduire la politique à une affaire de comptes serait déjà une thèse — celle qui veut qu’il suffirait de bien gérer. Le jeu la refuse par construction : dans le bilan final, les finances ne pèsent qu’un septième. La cohésion, la sécurité, l’environnement, les services publics, l’économie et les engagements tenus pèsent chacun exactement autant.
Ce qu’il est, et ce qu’il n’est pas
C’est une simulation de l’exercice du pouvoir. Vous composez un programme de cinq promesses parmi vingt-quatre, vous découvrez ce qu’il coûte, puis vous gouvernez cinq ans : un déficit hérité, une Assemblée sans majorité absolue, des crises qui n’attendent pas votre calendrier. Le cœur du jeu est l’écart entre promettre et gouverner.
Ce n’est pas un test de positionnement politique, ni un questionnaire d’orientation, ni un outil de campagne, ni un jeu où l’on gagne. Il ne vous dit pas ce qu’il faut penser, et il ne cherche pas à savoir ce que vous pensez.
Les candidats sont fictifs. Aucune personne réelle, aucun parti réel, aucune institution réelle n’est nommé. Jusqu’aux couleurs de la carte, choisies pour ne reprendre celle d’aucun mouvement.
Le détail des règles, des bornes et des sources : la page Impartialité.
Qui l’a fait
Un particulier. Ni élu, ni militant, ni journaliste, ni enseignant. J’ai construit ce jeu parce que je voulais comprendre ; je le publie parce qu’un outil dont j’ai eu besoin peut servir à d’autres. C’est à peu près ma définition du civisme.
Le développement a pris plusieurs mois. Le modèle économique, les vingt-quatre promesses, les seize crises, la carte des treize régions et la notation ont été écrits, mesurés et recalibrés un par un.
Ce qu’il ne vous demandera jamais
Il n’y a ni subvention, ni annonceur, ni partenaire, ni commande. Le serveur est le mien et la facture aussi. C’est aussi ce qui garantit qu’il n’y a rien à optimiser derrière votre partie : quand personne ne finance, personne n’attend de résultat.
Ce qui est enregistré, et ce qui ne l’est pas : la page Vos données.
Ecozone, et la suite
Ecozone est une association en cours de constitution, destinée à porter ce travail dans la durée et les outils qui suivront : même philosophie, gratuits, sobres, vérifiables, sans modèle publicitaire.
Elle distribue également AmiSphere, une application française gratuite qui réunit messagerie, voyages, événements et porte-monnaie partagé — hébergée en France, sans publicité, sans revente de données, avec un suivi de l’empreinte carbone. Deux objets très différents, une même idée : un outil utile ne devrait pas avoir besoin de vous vendre. amisphere.fr
AmiSphere cherche des financements pour son développement — dons, mécénat, subventions, partenariats. 49trois n’en cherche aucun et n’en reçoit aucun, et c’est ce qui garantit qu’aucun bailleur n’attend quoi que ce soit d’une partie que vous jouez ici. Les deux projets ne partagent ni compte, ni base d’utilisateurs, ni traceur, ni statistique : rien de ce que vous faites sur 49trois ne circule vers AmiSphere, et réciproquement. Si 49trois devait un jour être financé, ce serait écrit sur cette page avant de l’être ailleurs.
L’association n’est pas encore déclarée. Tant qu’elle ne l’est pas, elle n’a aucune existence juridique : le site est édité par une personne physique, en nom propre, et c’est écrit dans les mentions légales. Cette page sera corrigée le jour de la publication au Journal officiel, pas avant.