Ce jeu est-il de gauche ou de droite ?
C’est la première question qu’on se pose, et c’est la bonne. La réponse n’est pas une promesse : c’est une série de règles publiées, que vous pouvez vérifier à l’écran pendant que vous jouez.
Un jeu politique parfaitement neutre n’existe pas, et prétendre le contraire serait la première malhonnêteté. Ce que 49trois revendique est plus modeste et plus vérifiable : il est symétrique et opposable. Mêmes règles pour tous les bords, et toutes les règles écrites avant que vous jouiez.
1. Les candidats sont fictifs
Aucune personne réelle, aucun parti réel, aucune institution réelle n’est nommé. Les notes que vous recevez sont signées par des fonctions génériques — conseiller économique, direction du budget, cabinet de l’Intérieur — jamais par un organisme existant.
Les cinq encres de la carte ont été choisies pour ne reprendre la couleur d’aucun mouvement. Et un seul axe s’affiche à la fois, en paliers d’une seule encre : jamais un dégradé rouge vers vert, qui écrirait « mauvais » et « bon » sur le territoire.
2. Chaque promesse a un vrai avantage et un vrai coût
Les vingt-quatre promesses traversent le spectre, souvent par paires qui répondent au même problème de deux façons opposées : encadrer les loyers ou libérer la construction, sortir des fossiles ou relancer le nucléaire, prévention et réinsertion ou places de prison.
Aucune n’est gratuite, aucune n’est sans effet. La difficulté du jeu vient des contraintes du réel — le budget, l’Assemblée, le temps — jamais d’un jugement sur les opinions.
Les coûts sont des ordres de grandeur sourcés, et le jeu l’écrit. Chiffrer une mesure à l’euro près serait une prétention que personne ne peut tenir, y compris ceux qui les proposent. Sources mobilisées : INSEE, Cour des comptes, Conseil d’orientation des retraites, projets de loi de finances, entre autres.
3. Sept critères, poids strictement égaux
Le bilan de fin de mandat est noté sur sept critères : engagements tenus, économie, cohésion, sécurité, environnement, services publics, finances. La note globale est leur moyenne simple.
Ce refus de pondérer est le cœur du dispositif. Décider qu’un critère compte plus qu’un autre est un choix politique : il ne revient pas au jeu, il vous revient. C’est d’ailleurs l’exercice sur lequel se termine la séquence en classe — les élèves répartissent eux-mêmes cent points entre les sept critères, et voient le classement changer.
L’humeur des sept acteurs — opinion, syndicats, patronat, Bruxelles, écologistes, élus locaux, marchés — n’entre pas dans la note. Ce sont des informations, pas un jugement. Les faire entrer reviendrait à réintroduire par la fenêtre la pondération que la moyenne simple refuse.
4. Les bornes sont affichées, et identiques pour tous
Chaque critère est ramené sur dix par une règle linéaire dont les bornes sont publiées dans le jeu, sous le bilan, dans le panneau « Méthode de notation ».
Le seuil de négociation mérite un mot : il dépend de votre soutien, jamais de votre camp. Un président populaire trouve des voix ; un président affaibli n’en trouve plus. La formule est la même pour tout le monde et s’affiche avant chaque décision.
Une borne publiée qui ne serait pas celle qui s’applique est le seul type de défaut considéré comme intolérable dans ce projet. Si vous en trouvez une, signalez-la : elle sera corrigée en priorité sur tout le reste.
5. Aucun hasard, aucune intelligence artificielle dans les chiffres
Le moteur est entièrement déterministe. Aucune IA n’intervient dans les règles, dans les coûts ni dans la notation. Rejouez le même pays avec le même programme et les mêmes décisions : vous obtiendrez exactement le même résultat.
C’est ce qui rend le numéro de pays utile : partagez les quatre chiffres affichés en fin de partie, et votre adversaire affrontera les mêmes crises, aux mêmes mois, dans le même ordre. Les écarts de résultat ne viennent alors que des choix. Personne ne peut dire « j’ai eu moins de chance ».
6. Un contrôle automatique avant chaque mise en ligne
L’impartialité n’est pas une propriété du moteur : c’est une propriété du contenu. Elle peut donc pourrir silencieusement à chaque promesse ajoutée.
Un validateur automatique mesure, à chaque modification, l’écart entre les trois programmes pré-remplis. S’il augmente, la mise en ligne est refusée. Un banc d’essai joue plus de mille parties complètes pour produire la mesure.
Ce que le jeu ne mesure pas — et le dit
Une page d’impartialité qui n’énumérerait que des garanties serait une plaquette. Voici les limites connues, toutes affichées aussi dans le jeu.
- L’axe environnement n’a pas de données régionales. Les émissions par habitant désigneraient d’abord les régions industrielles : ce serait écrire « région sale » là où l’on mesure un tissu productif. L’axe s’affiche donc en valeur nationale uniforme, et l’écran l’indique.
- Les services publics sont mesurés en implantations, pas en capacités. Un grand centre hospitalier y vaut autant qu’une petite clinique. C’est une densité d’implantation, pas une mesure de qualité.
- Le pays simulé est proche de la France, mais distinct. Sa dette de départ est un choix de calibrage, pas un chiffre réel : les candidats étant fictifs, le pays l’est aussi.
- Une option de crise reste strictement favorable. Sur les trente-cinq options du jeu, une seule n’a de coût que dans l’opinion des acteurs. Le défaut est enregistré et sera corrigé au prochain recalibrage.